Philosophie

UN PROJET D’EDUCATION POPULAIRE

Le projet des Cantaduns donne une résonance toute singulière aux valeurs d’éducation populaire : éducation de tous, pour tous et par tous. 

Le spectacle réunit sur scène les Voix des villes et les Voix des champs, des chanteuses et musiciens professionnels à la carrière reconnue et des chanteurs néophytes qui pour la plupart, avant le 1er mai 2015, n’avaient jamais ouvert une partition et encore moins mis les pieds sur scène. 

Les artistes de la compagnie Musicalement Vôtre rendent accessible à tous ceux qui le souhaitent et sans discrimination un des arts les plus sophistiqués : l’Opéra.

Au rythme de 2 week-ends par mois, les répétitions s’inscrivent dans un processus de formation non formelle, permanente, ouverte à tous, gratuite, tout au long de la vie, et délocalisée des lieux dits consacrés. 

Travail vocal, répétitions scéniques, ateliers de théâtre… la salle des fêtes de Dun les Places se transforme à chaque fois en laboratoire culturel. 

Il s’agit bien là d’éducation artistique en dehors des murs, en dehors des lieux qui lui sont consacrés avec en filigrane un principe d’action très fort : Tous capables !

LE CHOEUR, L’EXPERIENCE DU COLLECTIF

« Le collectif, c’est une personne, une sorte d’entité qui conjugue la pluralité au singulier. »

Les Cantaduns découvrent, en le vivant de l’intérieur, la richesse et l’exigence d’un chœur à plusieurs voix. A chacun de trouver la place qui est la sienne, à côté des autres. Le choriste n’est rien sans le chœur, et il n’y a pas de chœur sans choristes. 

Attendre, refaire, écouter… et rester solidaire dans le travail, quels qu’en soient les efforts. Désamorcer les logiques de concurrence et de rivalité… pour faire corps, pour faire chœur et chanter à l’unisson. 

L’émotion collective ressentie lors d’un chant à l’unisson est libératoire, et c’est bien là l’essence même de la musique : transcender les individualités dans un collectif. 

UN OUTIL POUR FAIRE SOCIETE ?

Cette aventure humaine, si elle est partie d’une envie de se mobiliser pour l’église, a pris aujourd’hui un tout autre visage : une dimension citoyenne qui permet à chacun de prendre sa place, de façon participative, parmi ses pairs sur son territoire. L’aventure Cantadune est devenue un magnifique projet de village, porté par la solidarité et le partage, vecteur d’un mieux-vivre ensemble.

UNE AVENTURE QUI FAIT BOUGER LES FRONTIERES

L’ailleurs devient un « ici », les divisions administratives de communes ou d’intercommunalités explosent pour laisser la place au territoire des Cantaduns : Dun les Places, Quarré les tombes, Montsauche les Settons, Brassy, Corbigny, Avallon, Saulieu, Lormes… Car si l’expérience cantadune est née à Dun-les-Places, aujourd’hui elle réunit une soixantaine d’habitants des villages avoisinants de la Nièvre, de la Côte d’or ou de l’Yonne. 

Vivre ensemble cette aventure permet de prendre conscience de la force du « vivre ensemble » sur un territoire partagé, au-delà des limites administratives ou des habitudes installées. 

Repousser les limites du possible, brouiller les frontières entre le réel et la fiction, rendre la fiction réelle en la vivant, incarner des personnages, réels ou fictifs, bref, lâcher prise pour s’autoriser à vivre sa créativité et à croire en ses capacités et en celle des autres, voilà l’effet « Cantaduns ». 

Les villageois, en participant à ce projet un peu fou, prennent conscience de leur pouvoir d’agir, ou plutôt puissance d’agir, de leur capacité à ne pas subir, mais à construire… ensemble. 

Bien sûr, ce concert n’est qu’une goutte d’eau face à l’immensité des travaux de restauration de l’église, point de départ de l’aventure… mais symboliquement, il veut dire beaucoup en terme d’émancipation. 

*

PAROLES DE CANTADUNS
lors d’un atelier d’écriture, pour laisser des traces de cette aventure

« Je me souviens de cette invitation à partir à l’aventure. J’ai aimé ces rencontres, ces découvertes, ces partages, ces rires, ces joies, cette convivialité, les couleurs, les sons, l’église, l’ambiance, l’entraide, le village… Ensemble, j’aimerais repartir pour une nouvelle aventure avec les mêmes personnes, de nouvelles afin de s’émerveiller un peu plus, découvrir plus encore, partager +++ »

« Tout le monde s’active, les musiciens, les choristes se préparent, l’éclairagiste, le cameraman s’attellent à la tâche… Les choristes commencent à sentir leur rythme cardiaque qui s’accélère… Bon, il faut y aller… Mettre du fond de teint… Kesako ? Si un jour, on m’avait dit que je me maquillerais dans une église… Avec tout ce maquillage c’est sûr, on ne se reconnaissait plus ! C’est fou, on change de personnage instantanément. »

« La joie de tous les Cantaduns – déchaînés sur ce spectacle. On en avait envie, on était joyeux. L’éclat, l’éclat, il déborde jusqu’en coulisses. C’est l’apothéose. »

« Des liens qui se créent, des regards qui se soutiennent, des attentions qui gomment le stress, des oreilles qui s’écoutent. S’attacher aux détails de la musique permet de mettre le focus sur les détails de la vie… »

« La perfection, le travail, l’exigence, au lien de me rebuter, me séduisent, me motivent, et je suis absolument séduite par l’humilité, la gentillesse, la simplicité, l’humour de ‘nos artistes’. »

« Les portes d’un univers de beauté, de travail, de lumière m’ont été ouvertes. »

« Pendant cette semaine, nous nous sommes autorisés à rêver, à libérer nos émotions, moi qui suis si émotive… J’ai bien failli exploser littéralement en larmes en chantant le si beau chant des esclaves de Nabucco. »

« Tous ces moments, je ne veux pas les oublier. »

« J’ai grandi, j’ai appris. Je me suis étonnée, surprise à réaliser des choses improbables… Je voudrais remercier ces magiciens de m’avoir fait voyager sur les rives de l’impossible, où le rêve flirte avec la réalité, où le monde prend un autre visage, où l’humanité vient sculpter les envies. »

« Voir les habitants ensemble, riant, s’épaulant, chantant, a conforté mon attachement à ce territoire. Je souhaite revoir cet élan de vie, revoir cette ruche fabriquer ce miel de sourires, de puissance et de force. Je me suis sentie à ma place dans cette ombre qui permet de donner la lumière. »

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